Bicentenaire de la photographie en Périgord
200 ans de photographie – 40 ans de regard
Terrasson – Vallée de la Vézère – 2026
Photographier le vivant – De l’imaginaire à la mémoire
Grand projet culturel (Bicentenaire de la photographie) – Terrasson-Lavilledieu / Épinal
Auteur : Jérôme Hutin – Photographe (Arbor’Ethic)
Résumé exécutif
En 1826 naissait la photographie.
En 2026, nous célébrons 200 ans de lumière.
Depuis 1986, Jérôme Hutin photographie la mémoire du vivant.
Ce projet relie l’histoire mondiale de la photographie à l’histoire d’un territoire : le bassin versant de la Vézère.
À partir de ce double repère, Jérôme Hutin, propose un projet culturel et pédagogique ambitieux à Terrasson-Lavilledieu car Jérôme y vit depuis 2002 après être revenu de son tour du monde des arbres vénérables de la Planète, et qu’il a déjà réalisé différents événements photographiques dans la ville ancienne (Projection et expositions géantes) et ailleurs dans le monde.
Ce concept est articulé autour de l’histoire de l’image, de la mémoire des territoires et du regard sur le vivant dont la biodiversité de la Vézère.
Ce projet est ouvert aux partenaires culturels, entreprises locales, institutions et mécènes souhaitant s’associer à une célébration du patrimoine visuel et vivant.

Le projet s’appuie sur trois forces complémentaires :

La Table servie est la première nature morte fixée et une des premières photographies (physautotype), attribuée à Nicéphore Niépce, prise à une date non connue au début des années 1820 ou des années 1830.
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un parcours artistique de quarante années et une expérience reconnue d’expositions monumentales et de projections géantes ;
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des collections de photographies stéréoscopiques anciennes (Vézère et Dordogne 1910–1940, plaques stéréoscopiques vers 1905 d’Italie, archives alpines) ainsi qu’une collection d’environ 500 cartes postales d’arbres historiques de France ;
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un récit territorial fort reliant Terrasson-Lavilledieu (Jardins de l’Imaginaire, Vézère, ville haute) et Épinal (Imaginales, Moselle, ville haute) autour de la notion d’« imaginaire de l’image ».
L’ambition est de créer un temps fort fédérateur : exposition patrimoniale (histoire de la photographie) et contemporaine, parcours en extérieur et intérieur, projections monumentales (histoires photographiques sur Daguerre, Nadar et Nicéphore Nièpce), médiation scolaire, rencontres, ateliers d’optique et de chambre noire, et éditions (catalogue, posters, cartes postales).
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Une phase de préparation 2026 permettra de structurer l’événement et de poser les bases d’un futur festival photo à Terrasson, sachant que certaines personnes travaillant à la mairie sont déjà allées voir le festival photo de la Gacilly et seraient content qu’un grand festival photo soit créé, suite aux expositions déjà créées avec Jérôme Hutin en 2013, 2014 (projection géante) 2021 et 2025 dans Terrasson. Créer alors un grand festival photo retraçant l’histoire de la photographie au travers de photos anciennes locales (de préférence avec des originaux) et d’images contemporaines créées par différents photographes.
Les établissements scolaires pourraient contribuer en faisant leurs propres photos aussi bien avec des sténopés de leurs fabrications, voir avec du matériel photo argentique (Jérôme Hutin ayant un laboratoire photographique) et du matériel numérique (Jérôme a aussi des grandes imprimantes professionnelles).

Sommaire
1. Introduction générale : Photographier le monde, habiter la paix
2. Jérôme Hutin – Parcours d’un photographe du vivant
40 ans de regard, de terrain et de création (1986–2026)
3. Le tour du monde des arbres vénérables (1996–2002)
Un projet international sur le temps long et la mémoire du vivant
4. La photographie XXL
Expositions monumentales et projections géantes en espace public
5. 1986–2026 : 40 ans de photographie
Un regard sensible sur le vivant : arbres, paysages, humains, animaux
6. Archives et collections photographiques anciennes
Mémoire visuelle du territoire et patrimoines de l’image
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6.1 La Vézère et la Dordogne (1910–1940)
Paysages, rivières, villages et scènes de vie – archives périgourdines -
6.2 Plaques stéréoscopiques (vers 1905)
Italie, Jérusalem, Palestine, Lourdes : voir le monde en relief (photos de Abel Lajoye – Reims) -
6.3 Photographies anciennes des Alpes
Paysages, glaciers, tourisme et mémoire climatique(photographe inconnu -
6.4 500 cartes postales anciennes d’arbres historiques de France
L’arbre comme monument populaire et archive écologique -
6.5 Saint-Exupéry et le château du Fraysse
Imaginaire, regard et responsabilité -
6.6 L’industrie en photographie : des anciennes photos sur verre au numérique d’aujourd’hui.
Eau, matière, travail et mémoire-
6.6.1 Papeteries de Condat / Progil
De la forêt au papier : supports de l’image et mémoire imprimée -
6.6.2 Verrerie du Lardin-Saint-Lazare (Brardville)
Verre, lumière et mémoire sociale -
6.6.3 SOCAT / Delmon Group
Industrie contemporaine, innovation et responsabilité -
6.6.4 BAMBOU – Artisanat du bâti et transmission
Matière, environnement et regard -
6.6.5 Les Compagnons Réunis
Restaurer la pierre, transmettre le temps, révéler par l’image
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6.7 Le monde paysan
La photographie comme mémoire du vivant -
6.8 Le sport et le mouvement (dont le sport équestre)
Photographier le mouvement, l’instant et le corps en action -
6.9 Les photographes du Périgord
Rendre hommage aux regards qui ont façonné la mémoire locale -
6.10 L’eau et la lumière et la photographie
Depuis l’invention de la photographie, l’image naît de la lumière.
7. 1826–2026 : 200 ans de photographie
Histoire, optique, techniques et transmission du regard
8. Terrasson-Lavilledieu & Épinal
Deux pôles de l’image et de l’imaginaire
9. Programme culturel proposé (2026–2027)
Expositions, projections, médiations et ateliers
10. Produire et transmettre l’image
Traceur grand format et laboratoire photographique comme outils pédagogiques
11. Partenariats, gouvernance et communication
Un projet collectif au service du territoire
12. Modèle économique et besoins de financement
Subventions, mécénat, partenariats et acquisitions patrimoniales
13. Calendrier prévisionnel
De la préfiguration à la mise en œuvre (2026–2027)
14. Annexes
Archives, images, fiches techniques et budget
2. Biographie de Jérôme Hutin – Parcours d’un photographe du vivant
Le Bicentenaire de la photographie (1826–2026) offre une occasion exceptionnelle de relier l’histoire, la création contemporaine et la transmission du savoir par l’image. La photographie n’est pas uniquement un ensemble de techniques : elle est un langage universel, un outil de mémoire et un acte de regard. Elle façonne notre manière d’habiter le monde, de comprendre le vivant et d’entrer en relation avec les autres.
Depuis près de deux siècles, la photographie accompagne l’humanité dans ses bouleversements, ses découvertes et ses fragilités. Elle a montré les blessures comme les renaissances, les conflits comme les gestes de fraternité. En cela, elle participe à une culture de paix : une paix fondée sur l’attention portée au réel, à la mémoire, aux territoires, aux peuples et à l’environnement.
À Terrasson-Lavilledieu, ville de jardins, de lumières, de pierre et d’eau, traversée par la Vézère et dotée d’une ville haute remarquable, l’image trouve un terrain d’expression particulièrement juste. Les Jardins de l’Imaginaire et l’identité culturelle associée au mot « imaginaire » confèrent au projet une cohérence rare : la photographie est précisément ce pont sensible entre le réel et l’imaginaire, entre ce qui est vu et ce qui est compris.
Ce projet s’inscrit également dans un jalon personnel fort : en 2026, Jérôme Hutin célèbre quarante ans de pratique photographique, depuis l’obtention de son C.A.P. de photographie (Lycée Molière, Orthez) en juin 1986. Né à Épinal, ville de l’Image, dans une famille d’artistes et d’artisans d’art — auteurs notamment d’un Saint Nicolas monumental en céramique de sept mètres de haut —, il a développé un parcours singulier, ancré dans la mémoire, le vivant et le temps long.
Cette double célébration — 200 ans de photographie et 40 ans de regard — permet de construire un récit à la fois universel et profondément enraciné dans les territoires. Un récit où la photographie devient une écriture de lumière au service de la mémoire, de la transmission, du respect du vivant et d’une culture de paix partagée.
2. Biographie de Jérôme Hutin – Parcours d’un photographe du vivant
40 ans de regard, de terrain et de création (1986–2026)
Né le 17 septembre 1967, Jérôme Hutin est photographe-auteur et créateur d’images depuis 1986. Formé au C.A.P. de photographie au Lycée Molière d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques), il développe dès ses débuts une approche à la fois technique et sensible : comprendre la lumière, maîtriser le geste, et construire un regard sur le temps long.
Son œuvre embrasse le vivant au sens large : arbres, animaux, paysages, fleurs, visages, gestes de travail, rencontres humaines, artistes et musiciens. Les arbres occupent une place structurante – colonne vertébrale du regard – mais jamais exclusive : ce qui unit l’ensemble du travail est la recherche d’une présence, d’une énergie et d’une mémoire inscrite dans la matière du monde. Et récemment, il rajoute la musique des arbres.
Au fil des décennies, il a conçu et produit des expositions géantes en France et à l’étranger, donné des projections géantes et conférences, et développé des formats monumentaux en extérieur. Il a été publié dans différents journaux internationaux et a été interviewé par différentes articles de presse et de TV autour du monde.
Sa marque Arbor’Ethic (depuis 2008) porte une devise qui éclaire la démarche : « Protège l’arbre de vie qui est en toi ». La photographie devient alors un acte de transmission et de lien.
Il a édité deux livres “Les arbres vénérables de la Planète, le tour du monde des géants millénaires” en 2003, puis “Arbres trésors vivants du Périgord” préfacé par Pierre Rabhi. Il a aussi édité des calendriers depuis 2019 sur différents thèmes mais aussi pour Delmon Group, Les Compagnons Réunis.
3. Le tour du monde des arbres vénérables (1996–2002)
Un projet international pour l’appel des arbres vénérables de la Planète
Entre 1996 et 2002, Jérôme Hutin réalise un tour du monde consacré aux arbres vénérables et à la mémoire du vivant. Ce projet de terrain, mené sur plusieurs années et dans près d’une cinquantaine de pays, associe exploration, photographie, rencontres et diffusion culturelle.
Soutenu par des entreprises internationales (Total, Peugeot, Air New Zealand, Japan Airlines et par des milliers de gens au travers de la planète) et soutenu par des scientifiques, botanistes (Francis Hallé, Jean Marie Pelt, Pierre Rabhi, Patricia Ricard...) ou acteurs culturels selon les étapes, ce voyage a permis de constituer un corpus d’images et de récits sur les géants millénaires : arbres remarquables, forêts anciennes, paysages associés à des cultures et à des histoires locales.
Son souhait reste toujours celui de faire classer les arbres vénérables de la Planète au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Cette aventure a débouché sur des expositions et des projections-conférences, ainsi que sur des publications. Jérôme a eu des articles de presse dans la plus part des pays qu’il a traversé. Elle démontre une capacité éprouvée à porter un projet de grande ampleur, à produire des contenus de qualité et à les partager avec des publics variés, de différentes nationalités.
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Compétences mobilisées : conception de projet, logistique internationale, photographie de terrain, narration, diffusion.
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Retombées : corpus d’images, conférences, expositions, partenariats, sensibilisation au patrimoine naturel.
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Lien avec 2026 : continuité – photographier le temps long et la mémoire du vivant.
4. La photographie XXL – Expositions monumentales et projections géantes en espace public
Un marqueur du travail de Jérôme Hutin est la mise en espace de la photographie : l’image quitte le cadre pour dialoguer avec la ville, la nature et l’architecture. Expositions grand format en extérieur, installations sur toiles et projections monumentales transforment la photographie en expérience collective.
Cette expérience est un argument déterminant pour les collectivités : les formats ont été testés, la logistique est connue, et les besoins techniques peuvent être anticipés (accrochage, sécurité, circulation, conditions météo, alimentation électrique, autorisations). Le projet 2026/2027 s’appuie sur ces acquis pour proposer une réalisation fiable et maîtrisée.
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Formats : exposition extérieure (grand format sur maille drapeau ou toile), exposition intérieure (tirages Dibond ou papier Fine’Art), projection géante nocturne sur l’histoire de la photographie, soit sur les bâtiments historiques de la ville ancienne, soit sur les arbres du parc Laplanche proche de la Vézère. Et en cas de pluie, dans la salle des fêtes, le centre culturel, la serre des jardins de l’Imaginaire, le cinéma, voire avec autorisation la grande salle voutée de l’ancien restaurant de l’Imaginaire.
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Projections de films sur l’histoire de la photographie avec l’éventuel partenariat du Musée Daguerre et Niépce. Voire aussi obtenir le partenariat de marques internationales de photographies (Ilford, Nikon, Canon, Fuji,…)
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Publics : habitants, scolaires, touristes ; accès gratuit ou très accessible en extérieur.
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Atouts : mise en valeur des rues, parcs, squares, façades, ponts, berges, passerelles ; retombées d’image et économique pour la commune.






5. 1986–2026 : 40 ans de photographie – Un regard sensible sur le vivant : arbres, paysages, humains, animaux

1986–2026 : quarante ans de photographie, c’est l’histoire d’un regard qui se construit. Les techniques et les usages ont évolué, mais la question essentielle demeure : que choisit-on de regarder ?
Le travail de Jérôme Hutin s’organise autour de familles d’images complémentaires, conçues pour former une rétrospective structurée : non pas une accumulation, mais un parcours de regard.
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Le temps long : arbres, paysages, patrimoine naturel – mémoire et résilience.
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Le proche : fleurs, détails, saisons – attention au fragile.
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La présence animale : cohabitation avec le vivant – respect et émerveillement.
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La rencontre humaine : visages, gestes, artistes et musiciens – énergie et transmission.
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Collaborations avec d’autres photographes professionnels et des clubs photos.
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L’espace public : expositions et projections – partager l’image comme bien commun.
6. Archives et collections photographiques anciennes – Mémoire visuelle du territoire et patrimoines de l’image
Le projet Bicentenaire se distingue par l’existence d’un fonds ancien, collecté et numérisé par Jérôme Hutin. Ce fonds apporte une dimension patrimoniale immédiate et un matériau pédagogique rare : comparer les paysages et les usages d’hier avec ceux d’aujourd’hui, interroger la mémoire des lieux et la transformation du vivant. Pas besoin de demander au fond Albert Kahn alors que nous avions des photographes proche de la Vézère et de la Dordogne (fond privé familiale de père en fils). (exemple Guy Rivière à Sarlat, Monsieur Damien à Terrasson, Monsieur Levevre, Monsieur Lebrun … Photographes de sports d’autrefois)
6.1 Vézère et Dordogne (1919–1940) – Archives périgourdines
Un ensemble de photographies anciennes (1910–1940) issues d’une famille périgourdine documente la Vézère, la Dordogne, les villages, les berges, les activités et les scènes de vie. Ces images peuvent être présentées dans un parcours « Avant / Après » : mêmes lieux, mêmes points de vue, cent ans d’écart.
6.2 Plaques stéréoscopiques (vers 1905) de Abel Lajoye (Reims) – Italie, Jérusalem, Palestine, Lourdes, Reims.
Des plaques photographiques stéréoscopiques datées autour de 1905 (Abel Lajoye photographe de Reims) montrent des sujets en Italie ainsi qu’à Jérusalem, Turquie, Grèce, Egypte, Palestine, Lourdes. Par leur ancienneté et leur dispositif (vision en relief), elles ouvrent une séquence originale sur l’optique et la manière dont la photographie a élargi l’horizon des publics.
Ces images peuvent nourrir une approche symbolique : la photographie comme pont entre cultures, mémoire partagée et aspiration à la paix – sans discours partisan, par la force de l’image et du temps long.
6.3 Photographies anciennes des Alpes
Un ensemble de photographies anciennes de montagne (Alpes) complète le fonds (photos de Abel Lajoye de Reims, environ 105) : il témoigne de la fascination pour le paysage, du tourisme naissant et des premières esthétiques de la nature. Cette séquence permet de relier les grands paysages d’hier aux enjeux contemporains (climat, biodiversité, préservation).
Mais aussi d’expliquer la climatologie et la fonte des glaciers.
Jérôme Hutin possède une autre collection privée sur papier argentique des Alpes Françaises, italiennes et autrichiennes des années 1950…plus de 100 tirages photos d’époque au format 18 x 24 cm
6.4 – 500 cartes postales anciennes d’arbres historiques de France
La collection privée d’environ 500 cartes postales d’arbres historiques constitue un fonds remarquable (Merci à l’ami Cyrile pour ce généreux cadeaux qui représente des années de recherches et de passions des arbres de sa part). Elle montre que l’arbre a longtemps été un monument populaire : on le photographiait, on l’envoyait, on le partageait. Certaines cartes représentent des arbres aujourd’hui disparus – elles deviennent alors des archives écologiques. D’autres existent toujours, il serait possible d’aller les rephotographier comme une chasse aux trésors vivants.
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Pédagogie : identifier espèces, lieux, légendes ; cartographier ; comparer avec l’existant.
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Culture : exposition thématique « L’arbre carte postale » ; ateliers d’écriture ; correspondances.
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Patrimoine : recensement des arbres remarquables ; sensibilisation.
6.5 : Saint-Exupéry et le lieu du château du Fraysse
Dans le cadre de cette démarche de préfiguration, le projet envisage également de mettre en résonance l’histoire de la photographie avec une figure majeure de l’imaginaire, de l’humanisme et du regard : Antoine de Saint-Exupéry.
Écrivain, aviateur et témoin de son temps, Antoine de Saint-Exupéry incarne une manière singulière de regarder le monde, depuis le ciel comme depuis l’enfance, faisant écho aux fondements mêmes de la photographie : la lumière, le point de vue, le temps et la responsabilité du regard.
En lien avec le territoire de Terrasson-Lavilledieu, où le lycée porte son nom et où se trouve le château du Fraysse, Dont la famille de Saint Exupéry y vit depuis 1360, le projet explore la possibilité d’une évocation culturelle temporaire, associant photographies et images d’archives, installées dans la cour du château, ainsi qu’une projection monumentale consacrée à l’histoire et à l’imaginaire d’Antoine de Saint-Exupéry. Voir avec Alain et Charlotte de Saint Exupery si cela est possible..
Cette proposition, pensée comme une mise en lumière poétique et patrimoniale, s’inscrit dans une démarche respectueuse des lieux et des personnes, sans vocation événementielle immédiate, mais comme un temps de réflexion, de transmission et de dialogue entre patrimoine, image et jeunesse.
Elle constitue une piste de travail parmi d’autres, destinée à être étudiée et construite en concertation avec les acteurs institutionnels, culturels et patrimoniaux concernés.
6.6 : L’industrie dans le bassin versant de la Vézère dont Terrasson-Lavilledieu, Condat sut Vézère, Le Lardin.
Entre parenthèse, Jérôme Hutin, venant de sa famille de l’Est possède cet « autochrome » centenaire, représentant un gazomètre.
L’autochrome du gazomètre – Alsace, vers 1900
Collection privée Jérôme Hutin
En 1907, les frères Lumière inventent le premier procédé industriel de photographie couleur : l’autochrome.
Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le monde apparaît en couleurs réelles.
Cet autochrome, conservé aujourd’hui dans la collection de Jérôme Hutin, témoigne d’un moment rare : l’effondrement d’un gazomètre industriel en Alsace, au tournant du XXᵉ siècle.
Nous y voyons :
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La structure métallique monumentale du réservoir à gaz.
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Les ouvriers et leurs familles venus poser devant les vestiges.
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L’aube de l’ère industrielle moderne.
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La fragilité de la technique face au temps.
La photographie n’est plus seulement mémoire :
elle devient preuve, témoignage, trace vivante d’un monde en mutation.
Une couleur avant la couleur
Contrairement aux tirages noir et blanc colorisés, l’autochrome est une plaque de verre composée de millions de grains microscopiques de fécule de pomme de terre teintés.
Chaque image est :
- un positif unique
- non reproductible à l’identique
- fragile
- traversée par la lumière
Cet autochrome est donc un objet rare, peut-être unique au monde dans son sujet industriel.
Il marque le passage :
- du noir et blanc à la couleur
- de l’artisanat à l’industrialisation
- de l’ombre à la lumière
Dans le cadre du Bicentenaire 1826–2026
En intégrant cet autochrome au projet des 200 ans de photographie, Jérôme Hutin rappelle que la photographie n’a jamais cessé d’accompagner les transformations de notre société :
- naissance de l’industrie
- évolution des villes
- mutations énergétiques
- mémoire ouvrière
De la plaque de verre à la photographie numérique,
de l’énergie du gaz à l’énergie solaire,
la lumière demeure le fil conducteur.
La photographie écrit l’histoire avec la lumière
Cet autochrome incarne l’aube d’un siècle nouveau.
Il dialogue aujourd’hui avec le regard contemporain du photographe.
200 ans de photographie.
Une même lumière.
Une même mémoire.
6.6.1 : Progil / Papeteries de Condat : de la forêt au papier, de la Vézère à l’image

L’histoire industrielle de Condat-sur-Vézère est indissociable de la rivière Vézère, de la forêt périgourdine et des grandes mutations techniques du XXᵉ siècle. Elle constitue un exemple remarquable de continuité entre ressource naturelle, transformation industrielle et production culturelle, au cœur même de l’histoire de la photographie.
En 1907, à proximité des houillères du Lardin et en bordure de la ligne ferroviaire Périgueux–Brive, Joseph Gillet, issu d’une famille de teinturiers lyonnais, et son fils Edmond Gillet, fondent une usine destinée à la fabrication d’extraits tannants à partir du bois de châtaignier. Cette activité, rendue possible par le déclin des forges au XIXᵉ siècle, permet alors de traiter jusqu’à 10 000 tonnes de bois par an et emploie environ 70 personnes.
En 1920, la société devient Produits chimiques Gillet & fils, bientôt connue sous le nom de Progil. Trois ans plus tard, l’usine franchit une étape décisive en se diversifiant vers la fabrication de cellulose, obtenue à partir du châtaignier après extraction du tanin. Cette évolution marque un tournant majeur : la matière végétale issue de la forêt devient désormais un support potentiel de l’image.
À l’aube des années 1930, la production de cellulose atteint près de 20 tonnes par jour. En 1930, Progil construit une papeterie afin d’utiliser directement cette cellulose, et met en service en 1931 une première machine à papier — la machine 3, conçue par les ateliers Allimand. Elle produit alors plus de 15 tonnes de papier bouffant par jour, papier destiné à l’édition, à la presse, aux livres et aux supports imprimés.
Ce papier est fondamental pour l’histoire de la photographie. Pendant plus d’un siècle, il constitue le support matériel de la mémoire visuelle : tirages photographiques, albums familiaux, cartes postales, journaux illustrés, ouvrages scientifiques et artistiques. Ainsi, à Condat-sur-Vézère, la forêt, l’eau et l’industrie contribuent directement à la diffusion mondiale de l’image photographique (le papier couché).
Dans les années 1930, l’usine connaît une expansion rapide, employant jusqu’à 450 personnes et produisant annuellement 1 000 tonnes de tanin, 3 000 tonnes de cellulose et 5 000 tonnes de papier. La Seconde Guerre mondiale marque un temps d’arrêt brutal, l’usine étant la cible de deux attentats en 1944. Après-guerre, Progil modernise ses installations, notamment avec l’introduction d’un lessiveur continu Richter-Kamyr au début des années 1950 et la création d’un laboratoire central de contrôle.
En 1960, la fabrication du tanin est définitivement arrêtée. La même année, une crue majeure de la Vézère inonde l’établissement et contraint près de 600 ouvriers au chômage pendant dix jours, rappelant la dépendance étroite entre l’industrie et la rivière. En 1962, Progil devient la Société Anonyme des Papeteries de Condat, tout en restant liée au groupe Gillet.
Les décennies suivantes voient une croissance spectaculaire du site : nouvelles machines, extension foncière, détournement du Cern, modernisation continue des chaînes de production. Dans les années 1970, la papeterie emploie plus de 1 100 personnes et s’impose comme l’un des pôles industriels majeurs du territoire. À partir des années 1990, l’usine intègre successivement plusieurs groupes internationaux, atteignant au début des années 2000 une production annuelle supérieure à 500 000 tonnes de papier.
Aujourd’hui, malgré les crises industrielles et les restructurations, le site de Condat demeure un lieu emblématique de la mémoire ouvrière et industrielle du bassin de la Vézère. Les photographies d’archives, les images de machines, de bâtiments et de femmes et d’hommes au travail constituent une documentation précieuse pour comprendre comment la lumière, transformée en image, a pu être fixée, imprimée et diffusée grâce au papier.
À travers ce chapitre, la papeterie de Condat apparaît ainsi comme un maillon essentiel entre le vivant (la forêt), l’eau (la Vézère), l’industrie, et la photographie, rappelant que derrière chaque image imprimée se cache une longue chaîne de gestes, de matières et de territoires.

Condat, révélateurs de talents : papier, image et transmission
Il y a quelques années, la papeterie de Condat adoptait un slogan particulièrement évocateur : « Condat, révélateurs de talents ».
Cette formule résonne de manière singulière avec l’histoire de la photographie. En photographie argentique, le révélateur est la substance chimique qui fait apparaître l’image latente, invisible à l’œil nu, inscrite sur le papier ou le film. Sans révélateur, l’image existe, mais demeure cachée.
De la même manière, le papier produit à Condat a longtemps permis de révéler des talents multiples : écrivains, journalistes, photographes, artistes, scientifiques ou simples témoins du quotidien. Albums de famille, cartes postales, livres illustrés et journaux ont diffusé des images et des récits rendus visibles grâce à ce support issu de la forêt, de l’eau et du travail humain.
Mais cette histoire industrielle n’est pas exempte de fragilités. Au cours des années récentes, les mutations profondes du secteur papetier ont entraîné des arrêts de production, provoquant des périodes de chômage partiel et rappelant la dépendance étroite de l’usine à ses ressources naturelles et à son environnement économique.
Ces épisodes soulignent combien l’industrie du papier, pourtant discrète, demeure essentielle à la transmission culturelle et à la mémoire collective. Lorsque la chaîne se rompt — forêt, eau, énergie, industrie — c’est toute une économie du regard et de l’image qui vacille.
En intégrant l’histoire de la papeterie de Condat au projet du Bicentenaire de la photographie, il ne s’agit pas seulement de célébrer une réussite industrielle, mais aussi de reconnaître les femmes et les hommes qui, hier comme aujourd’hui, ont contribué à faire exister les images, à révéler des talents et à inscrire la mémoire du territoire sur le papier.
6.6.2 : La verrerie du Lardin-Saint-Lazare : verre, lumière, industrie et mémoire sociale

L’histoire de la verrerie du Lardin-Saint-Lazare, souvent appelée verrerie de Brardville, illustre pleinement l’évolution industrielle du Terrassonnais et l’intensité des rapports entre travail, technologie, matière et société.
Créée dans les années 1820 sous l’impulsion de Cyprien Prosper Brard, ingénieur des mines et homme d’initiative, la verrerie naît dans un contexte d’exploitation des ressources locales, dont le charbon, et d’une volonté technique d’utiliser les sables vitrifiables de la région. Le village qui s’est développé autour de l’usine prendra d’ailleurs le nom de Brardville en hommage à son fondateur, confirmant ainsi l’ancrage social et économique de cette activité sur le territoire.
Dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, l’usine connaît un développement important, notamment après l’arrivée du chemin de fer en 1860, produisant jusqu’à 30 000 bouteilles par jour et employant plus d’une centaine d’ouvriers dans ses ateliers.
Mais ces images de croissance industrielle côtoient aussi une réalité sociale plus dure. Les archives et les sources locales signalent qu’en 1897, sur 130 employés recensés dans l’usine, 40 avaient moins de 16 ans, ce qui atteste de la place des enfants dans la main-d’œuvre avant que les lois sociales n’interdisent progressivement ces pratiques. Certains cas signalés, comme celui d’un enfant ouvrier frappé sur le lieu de travail, rappellent les conditions difficiles auxquelles étaient soumis les jeunes travailleurs de l’époque, situant la verrerie au cœur des enjeux sociaux et humanistes de la fin du XIXᵉ siècle.
Fermant définitivement ses portes en 1930, la verrerie du Lardin demeure aujourd’hui un témoignage patrimonial fort, visible dans les vestiges encore présents en bordure de la vallée. Son histoire invite à réfléchir à la manière dont le travail industriel, et même le travail des enfants, a marqué la vie quotidienne de communautés entières.
Du point de vue photographique, ce lieu est particulièrement riche : la verrerie a été l’objet de photographies d’archives, de cartes postales industrielles et de documents visuels, qui rendent compte des installations, des fours, des ateliers et des hommes et femmes qui y ont travaillé. Ces images permettent de transformer l’usine en archive vivante et d’illustrer, par la photographie, les enjeux techniques, sociaux et humains de l’industrialisation. Elles peuvent être mises en regard de techniques photographiques historiques — notamment l’utilisation de plaques de verre négatives, qui fait écho à la matière elle-même — et contemporaines, offrant ainsi un pont entre matière, lumière, regard et mémoire collective.
6.6.3 – SOCAT / Delmon Group : industrie contemporaine, matière, image et responsabilité

À Terrasson-Lavilledieu, l’histoire industrielle ne s’est pas arrêtée aux grandes heures de la verrerie ou de la papeterie. Elle se prolonge aujourd’hui à travers des entreprises contemporaines, dont SOCAT, filiale du Delmon Group, constitue un acteur majeur.
Implantée depuis plusieurs décennies sur le territoire, SOCAT est spécialisée dans la conception et la fabrication de pièces techniques en caoutchouc destinées à des secteurs exigeants tels que l’automobile, l’aéronautique et l’industrie. À travers ces activités, elle participe à une industrie discrète mais essentielle, fondée sur la précision, la maîtrise de la matière et l’innovation permanente.
La photographie occupe ici une place singulière. Dans l’industrie moderne, l’image n’est pas seulement esthétique : elle est outil d’observation, de contrôle, d’analyse et de mémoire. Photographies de prototypes, de lignes de production, de gestes techniques ou de matériaux permettent de documenter l’évolution des savoir-faire et de conserver une trace visuelle d’un monde industriel en constante transformation.
À ce titre, SOCAT et Delmon Group s’inscrivent pleinement dans le fil conducteur du projet : la photographie comme révélatrice de talents, de gestes et d’intelligences humaines souvent invisibles au grand public.
À la tête du groupe, Sylvain Broux, président-directeur général, incarne une vision industrielle attentive aux enjeux contemporains. Sensible aux questions de préservation de l’environnement, de responsabilité territoriale et de durabilité, il inscrit le développement du groupe dans une réflexion plus large sur l’impact de l’industrie sur le vivant, les paysages et les ressources.
Cette approche trouve un écho naturel dans le bassin versant de la Vézère, territoire où l’eau, l’énergie et l’industrie ont toujours été étroitement liées. Elle dialogue également avec la démarche photographique : interroger le progrès, rendre visibles les transformations, témoigner des équilibres fragiles entre activité humaine et environnement.
En intégrant SOCAT/Delmon Group au projet du Bicentenaire de la photographie, il ne s’agit pas seulement de documenter une entreprise, mais de montrer comment l’industrie d’aujourd’hui peut dialoguer avec la culture, la mémoire et l’image. À travers la photographie industrielle et documentaire, ce chapitre propose de donner à voir un Terrasson contemporain, ancré dans son histoire, tourné vers l’innovation, et conscient de ses responsabilités environnementales et humaines.
6.6.4 – BAMBOU à Terrasson-Lavilledieu : matières, transmission, environnement et regard

À Terrasson-Lavilledieu, à quelques pas des rives de la Vézère, l’entreprise BAMBOU incarne depuis 1840 une continuité rare entre artisanat, territoire et transmission des savoir-faire. Maison familiale emblématique, elle s’est construite génération après génération autour des métiers de la couverture, de la zinguerie, de la charpente et de l’ossature bois, en travaillant des matériaux fondamentaux du bâti local : ardoise, tuiles, bois et métal.
Aujourd’hui, l’entreprise est cogérée par Caroline Bambou-Dufour, fille de Serge Bambou, et par Cédric Dufour, gendre de la famille, Directeur Général et Maître Artisan d’Art en couverture. Cette distinction prestigieuse est le fruit d’une culture d’excellence profondément ancrée au sein de l’entreprise BAMBOU, qui a su transmettre son savoir, ses exigences et sa passion à ses équipes, génération après génération.
Cette transmission ne concerne pas seulement les gestes techniques, mais aussi une vision responsable du métier. BAMBOU privilégie le contact direct avec ses clients, la qualité des prestations et une relation de confiance fondée sur l’écoute et le respect du bâti existant.
Son engagement s’inscrit également dans une démarche environnementale affirmée, en cohérence avec les enjeux contemporains de construction durable. L’entreprise fait le choix de privilégier des matériaux écologiques, durables et respectueux de l’environnement : bois issus de sources responsables, isolants à base de fibres naturelles, matériaux recyclés ou recyclables, peintures et revêtements conformes à des normes environnementales strictes.
Dans une logique d’amélioration continue, BAMBOU se tient attentive aux innovations technologiques et aux évolutions liées aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, afin de proposer à ses clients des solutions adaptées aux enjeux climatiques actuels. Cette recherche permanente d’équilibre entre tradition et innovation reflète une volonté claire : construire et rénover sans rompre le lien avec le vivant, le paysage et les ressources naturelles.
La proximité du siège de l’entreprise avec la Vézère donne une résonance particulière à cette démarche. La rivière, source de vie et de lumière, dialogue avec les matières travaillées par les artisans : l’ardoise qui capte la pluie, le bois qui respire, la tuile qui se patine avec le temps. La photographie, dans ce contexte, devient un outil précieux pour révéler ces interactions subtiles entre matière, lumière et territoire. Elle permet de rendre visibles les textures, les gestes, les rythmes du bâti vernaculaire, souvent invisibles au regard pressé.
Dans le cadre du projet consacré aux 200 ans de la photographie, l’entreprise BAMBOU trouve naturellement sa place comme témoin d’un art de bâtir durable, respectueux de l’environnement et du temps long. À travers l’image, ce chapitre met en lumière une évidence : préserver les savoir-faire, c’est aussi préserver les paysages, la mémoire collective et le regard que nous portons sur notre cadre de vie.
La photographie devient alors un langage commun entre artisans, habitants et générations futures, capable de révéler ce qui fait l’âme d’un territoire : la matière, la lumière et les femmes et les hommes qui les façonnent.
6.6.5 – Les Compagnons Réunis : restaurer la pierre, transmettre le temps, révéler par l’image

Implantée à Peyrignac – La Bachellerie, l’entreprise Les Compagnons Réunis, dirigée par Georges Lafaye et Jean-Marie Lafaye, s’inscrit dans la grande tradition des métiers du patrimoine et de la restauration des monuments historiques.
Spécialisée dans la taille de pierre, la maçonnerie traditionnelle et la restauration du bâti ancien, l’entreprise intervient sur des édifices chargés d’histoire, où chaque geste engage une responsabilité envers le passé et les générations futures. Parmi les chantiers récents figurent notamment la Commanderie templière de Condat, située au bord même de la Vézère, ainsi que le Château de l’Herm, monument emblématique du Périgord, témoin des siècles et des silences.
Le travail des Compagnons Réunis s’inscrit dans un temps long, à rebours de l’immédiateté contemporaine. Restaurer un monument, c’est dialoguer avec les bâtisseurs d’hier, comprendre les matériaux, les techniques, les rythmes de construction, et respecter l’âme du lieu. La pierre, matière minérale et vivante à la fois, porte en elle les traces du temps, de l’érosion, de la main humaine.
La photographie trouve ici une résonance profonde. Elle est à la fois outil de documentation, mémoire du chantier, et regard sensible porté sur les gestes, les textures, les volumes et la lumière. Photographier un chantier de restauration, c’est fixer l’instant fragile où le monument est à nu, entre passé et avenir. C’est rendre visibles des étapes souvent invisibles au public, et révéler la beauté du travail en cours.
Depuis 2019, une collaboration s’est tissée entre Les Compagnons Réunis et le photographe Jérôme Hutin, à travers la réalisation de calendriers et de sites internet, prolongeant naturellement ce dialogue entre patrimoine, image et transmission. Cette relation s’inscrit dans une logique de confiance et de continuité, où la photographie accompagne l’entreprise comme un outil de valorisation respectueux de son identité et de ses valeurs.
Dans le cadre du projet consacré aux 200 ans de la photographie, Les Compagnons Réunis incarnent un lien essentiel entre architecture historique, savoir-faire humains et mémoire visuelle. La photographie, née il y a deux siècles, devient ici le témoin privilégié de la restauration du patrimoine : elle révèle ce que le temps a altéré, ce que la main répare, et ce que la pierre raconte encore.
À travers ce chapitre, le projet met en lumière une évidence : préserver les monuments, c’est aussi préserver les images, les récits et les regards qui leur donnent sens. La photographie devient alors un outil de transmission, au service de la pierre, du territoire et de l’histoire collective du bassin de la Vézère.
Le monde paysan occupe une place essentielle dans l’histoire du Périgord. Dès ses débuts, la photographie a accompagné la vie rurale, fixant les gestes agricoles, les saisons, les troupeaux et les paysages façonnés par le travail de la terre.
Cartes postales anciennes, photographies de fermes, portraits de paysans et scènes de travaux agricoles constituent une mémoire visuelle précieuse. Elles témoignent d’un rapport intime entre l’humain, la nature et le temps long.
En mettant en regard ces images anciennes avec des photographies contemporaines, ce chapitre invite à réfléchir à l’évolution des pratiques agricoles, à la transmission des savoir-faire et à la place du vivant dans nos sociétés.
6.8 : Le sport et le mouvement (dont le sport équestre)

Dès la fin du XIXᵉ siècle, la photographie devient un outil essentiel pour comprendre et représenter le mouvement. Les premières décompositions du galop du cheval ont marqué une étape majeure dans l’histoire de l’image : pour la première fois, la photographie ne se contente plus de figer un instant, elle permet d’analyser le geste.
Le sport constitue alors un terrain privilégié d’observation : courses, sauts, lancers ou disciplines équestres mettent en évidence la relation entre le corps, l’équilibre et le temps. La photographie révèle ce que l’œil perçoit difficilement : trajectoires, positions et rythmes.
Dans le cadre du bicentenaire de la photographie, cette thématique pourra donner lieu à des actions pédagogiques menées en lien avec les établissements scolaires et les enseignants d’éducation physique et sportive. Les élèves pourront expérimenter la lecture du mouvement par l’image, en comparant photographies anciennes et prises de vues contemporaines.
Les éventuelles prises de vues impliquant des élèves seront réalisées exclusivement dans le respect du droit à l’image et de la réglementation en vigueur, après autorisations parentales et validation des établissements. Des alternatives pédagogiques pourront également être proposées (prises de vues d’objets en mouvement, silhouettes, flous, ombres ou intervenants volontaires) afin de garantir la participation de tous sans contrainte administrative.
Ainsi, la photographie retrouve sa fonction première : observer, comprendre et transmettre les gestes du vivant de manière accessible et partagée.
Complément pédagogique
Pour les écoles maternelles et élémentaires, des ateliers sans présence humaine identifiable pourront être privilégiés : étude du mouvement d’objets (ballons, rubans, cerceaux), jeux d’ombres, traces dans l’eau, déplacements de feuilles ou de tissus portés par le vent. Ces expérimentations simples permettent d’aborder la notion de temps, de vitesse et de trajectoire tout en développant l’observation et la créativité, sans nécessiter d’autorisation d’image. L’enfant devient alors explorateur du mouvement plutôt que sujet photographié, favorisant une approche ludique et accessible de la photographie.
6.9 : Les photographes du Périgord :
Sans nos photographes périgordins, nos reporters de terrains, que seraient tous ces magazines, ces livres régionaux ? Que seraient les pages des journaux ? Et les belles expositions ? Les événements familiaux ? Les Photos dites corporate etc ….Que seraient vos rêves et évasion en feuilletant les magazines de voyages ?
200 ans de photographies est aussi rendre hommage à toutes celles et ceux qui avaient décidés de prendre un appareil photo et de vous faire réver, sourire, rire, pleurer…
Quelques photographes célèbres ou pas en Périgord :
Guy Rrivière à Sarlat
Francis Lasfargues et Lucien Rouland
Monsieur Lefevre, Monsieur Lebrun, Monsieur Damien à Terrasson
Monsieur Carcenac à Belvès
La famille Mareuse près de Terrasson-Lavilledieu
Et bien d’autres….
6.10: L’eau et la lumière et la photographie
Depuis l’invention de la photographie, l’image naît de la lumière.
Sur le territoire de la Vézère et de la Corrèze, cette lumière entretient un lien direct avec l’eau, à la fois élément naturel du paysage et source d’énergie pour les activités humaines.

Au fil du temps, la force des rivières a permis la production d’électricité et l’éclairage des villes, des habitations et des lieux publics, rendant possible la diffusion et l’usage quotidien de l’image photographique. L’histoire de la photographie rejoint ainsi celle de l’énergie : toutes deux reposent sur la maîtrise de la lumière.
Dans le cadre du bicentenaire de la photographie, le projet propose de mettre en dialogue patrimoine naturel et patrimoine industriel, en associant images contemporaines et documents historiques liés aux aménagements hydrauliques du territoire.
Cette approche permettra au public de comprendre comment l’eau, source de vie, est également devenue source de lumière, reliant paysage, science et usages quotidiens.
Une collaboration avec les acteurs de la production et de la gestion de l’énergie du territoire pourra contribuer à valoriser ces archives, développer des actions pédagogiques et inscrire l’événement dans une réflexion accessible à tous autour des relations entre nature, technique et image.


7. 1826–2026 : 200 ans de photographie – histoire, optique, transmission
Le Bicentenaire permet de raconter une histoire accessible à tous : comment la lumière devient image, comment les procédés évoluent, comment l’image se démocratise (albums, cartes postales, livres, presse), et comment la photographie transforme notre rapport au monde. Comment la photographie issue de la lumière peut être interprétée ?
Le projet propose une médiation simple (panneaux, ateliers) reliant optique, temps, supports et usages, et intégrant une éducation à l’image : apprendre à regarder, cadrer et comprendre.
- Optique : camera obscura, sténopé, rôle de la lentille, formation de l’image, chambre photographique.
- Temps : pose longue, instantané, reportage, série.
- Supports : plaque, papier, film, capteur, projection.
- Usages : mémoire familiale, scènes de rue, entreprises, sports, carte postale, documentation scientifique, création artistique.
Ateliers possibles : sténopé en classe, mini camera obscura, lecture d’images anciennes, reprohotographie « avant/après ».

8. Terrasson-Lavilledieu & Épinal : deux pôles de l’image et de l’imaginaire

Terrasson-Lavilledieu et Épinal partagent une géographie symbolique : une rivière, une ville ancienne en hauteur, et un mot commun – l’imaginaire. À Terrasson, les Jardins de l’Imaginaire et le Moulin/Restaurant de l’Imaginaire affirment une identité culturelle.

À Épinal, les Imaginales incarnent l’imaginaire du récit et de l’image.


Ce dialogue entre deux villes permet de construire un récit décentralisé : un Bicentenaire vu depuis les territoires, reliant photographie du vivant (Terrasson) et image narrative (Épinal).
Le projet s’inscrit aussi dans une filiation familiale de l’image monumentale : Jean Hutin et Geneviève Hutin-Koechlin, artistes-artisans d’art, ont créé un Saint Nicolas en céramique de 7 m de haut à Epinal et ont contribué à des gestes de mémoire (reliure du livre d’or historique des obsèques du Général de Gaulle). Jérôme Hutin prolonge cette histoire par la photographie monumentale et la projection en espace public.


9. Suggestion de programme proposé à Terrasson (2026-2027) voir dans d’autres villes où passe la Vézère : expositions, projections, médiations, ateliers
Le programme est conçu en modules activables selon les moyens : une version « cœur » (2–4 semaines) et une version « élargie » (saison culturelle).
9.1 Exposition principale (patrimoniale + contemporaine)
- Parcours « 1910–1940 / aujourd’hui » : Vézère et Dordogne, photographies anciennes stéréos et prises de vues contemporaines réalisées sur le même lieu. Impression pour exposition intérieure ou alors en extérieur avec de grande plaque de verre Securit ou des impressions sur Dibond et voir comment recréer la 2D (demander la partenariat d’opticiens)
- De petites reproductions pourraient être réalisées et mise dans une boite avec une jumelle pour visualiser en relief les photos. Ce packaging serait mis en vente à l’office de tourisme, aux jardins de l’Imaginaire, dans les échoppes….
- Séquence « 500 cartes postales anciennes d’arbres historiques de France » : l’arbre comme monument populaire.
- Sélection « 40 ans de regard » : séries du vivant de Jérôme Hutin (arbres, paysages, animaux, humains, artistes).
Format : extérieur grand format + intérieur (médiathèque/salle) selon disponibilités 140 x 180 cm.
- Antoine de Saint Exupery, aviateur, écrivain, homme de l’image.
- Festival photos et musiques sur la biodiversité de la Vézère et d’ailleurs. Exposer une vingtaine de photographies/auteurs naturalistes de renommées locales et internationales.Voir le lien vers le projet de festival photo dédié à la biodiversité de la Vézère : https://vezere.org/index.php/projet-de-festival-photo-vezere-nature-du-monde/
9.2 Projections géantes (soirée(s) événement)
Projection monumentale thématique : « 200 ans de photographies d’hier à aujourd’hui »).
Présentation commentée courte + temps d’échanges avec le public.
Option : bande sonore / intervention musicale (musiciens locaux).
9.3 Médiation et scolaire
Visites commentées (scolaires, familles, associations).
Ateliers optique : sténopé, camera obscura, lecture d’images anciennes.
Atelier « Avant/Après » : rephotographier un lieu depuis une archive ancienne.
Atelier carte postale : écrire à un arbre – correspondance intergénérationnelle.
Proposer aux professeurs d’art plastique de participer avec leurs élèves ainsi qu’aux magasins d’optiques, voir aussi des photographes qui ont un vécu et qui connaissent bien les anciens appareils photos argentiques.
Jérôme Hutin propose aussi son laboratoire photo et son traceur photo Canon pour développer ou imprimer des photos qui seraient réalisées par les élèves.
9.4 Conférences / rencontres
Rencontre : « 200 ans de photographie – du territoire au monde » : inviter des photographes de renoms.
Rencontre : « Photographier le vivant – 40 ans de regard de Jérôme Hutin ».
Table ronde (option) : patrimoine, image, tourisme, éducation.
Demandons à l’IA de faire revivre Daguerre et Nièpce ! Pourquoi ne pas demander à des comédiens ?
10. Outils de production : traceur photo grand format et laboratoire
La réussite du projet repose sur la capacité de produire et d’adapter des supports : tirages, panneaux, reproductions d’archives, cartels, affiches, posters, cartes postales, ainsi que des tirages d’exposition. Le traceur photo grand format et le laboratoire photographique de Jérôme Hutin sont des outils de production et de médiation : ils permettent de montrer au public les étapes de fabrication de l’image (de l’archive à l’impression).
La remise en fonctionnement et la sécurisation de cet atelier (maintenance, consommables, pièces) nécessitent un soutien financier. Cet investissement est proposé comme une contribution directe à la production culturelle du territoire : capacité d’impression, supports pédagogiques, réactivité, économie locale.
Coût estimatif pour que le traceur Canon IPF8400s puissent fonctionner de nouveau : 3500 euros.
11. Partenariats, gouvernance, communication
Le projet est conçu pour être porté en partenariat avec la ville, la communauté de communes, le Conseil Départemental, le Conseil régional, l’Etat, les entreprises locales et internationales, les établissements scolaires, la médiathèque et les acteurs culturels. Une gouvernance simple est proposée : un pilote (collectivité) + un directeur artistique (Jérôme Hutin) + un référent technique (services municipaux) + un référent médiation (éducation/associations).
- Partenaires : mairie, ComCom, le Conseil Départemental, le Conseil régional, l’Etat, les entreprises locales et internationales, médiathèques, écoles/collèges/lycées, associations locales, entreprises mécènes.
- Communication : affiche + dossier presse + réseaux sociaux + inauguration + signalétique (QR codes si souhaité), Radios, TV, Presse écrite, Réseaux sociaux.
- Objectif : visibilité positive du territoire et accès à tous.
12. Modèle économique et besoins de financement
Pour garantir la faisabilité, le projet repose sur un modèle économique mixte : subventions publiques (intérêt général), acquisitions patrimoniales d’œuvres (investissement durable), location d’expositions (événement maîtrisé), et mécénat/partenariats privés (complément).
Une phase de préparation (2026) pourra être financée pour finaliser : sélection d’images, numérisation complémentaire, conception des panneaux, essais d’impression, préparation des projections, structuration scolaire.
- Subventions : médiation, scénographie, communication institutionnelle, une part de la production.
- Achats d’œuvres : enrichissement du patrimoine communal (intérieur/extérieur).
- Locations : expositions clés en main sur une durée déterminée.
- Mécénat : soutien d’entreprises (impression, projection, catalogue) avec contreparties de visibilité.
- Rémunération pour Jérôme Hutin – mission de conception et de coordination
Mission de préfiguration et reconnaissance du travail de conception
Bicentenaire de la photographie 1826–2026
Dans la perspective du bicentenaire de la photographie (2026), il est proposé la mise en place d’une mission d’étude et de préfiguration artistique confiée à Jérôme Hutin.
Cette mission n’a pas pour objet le financement d’un projet personnel mais la production d’un programme culturel d’intérêt territorial destiné à être éventuellement porté par la collectivité, ses partenaires ou des acteurs associatifs.
Le travail permettra d’évaluer l’opportunité, la faisabilité et les modalités d’un événement structurant pour le territoire.
Durée
3 à 8 mois
Budget estimatif
8 000 € à 12 000 € HT (non assujetti à la TVA) (possible de l’étaler en plusieurs fois)
(rémunération artistique et intellectuelle incluant temps de recherche, coordination et conception)
Objectifs de la mission
1 — Structuration du projet
- préciser la ligne artistique et culturelle
- organiser les thématiques et parcours d’exposition
- définir les formats (expositions, conférences, médiations, projections, éditions)
2 — Rencontre et mobilisation des partenaires
- collectivités territoriales
- institutions culturelles et éducatives
- associations et acteurs locaux
- entreprises mécènes ou sponsors
3 — Affinage du budget et du calendrier
- établir un budget prévisionnel réaliste
- hiérarchiser les priorités
- adapter le projet aux capacités du territoire
4 — Expérimentation de la médiation
- tests d’actions pilotes (rencontres publiques, ateliers, projections)
- observation des publics et ajustements
- validation des formats pédagogiques
5 — Préparation opérationnelle post-élections
- fournir aux élus un projet prêt à lancer
- limiter les risques financiers et organisationnels
- garantir un démarrage rapide en 2026
Finalité
Cette phase de préfiguration constitue une étape essentielle :
elle transforme une intention culturelle en programme réalisable, sécurisé et partagé par le territoire.
Elle permet aux financeurs de soutenir un projet maîtrisé plutôt qu’une simple idée, tout en valorisant l’expertise artistique locale.
La collectivité ne finance pas un événement privé, mais une mission d’étude permettant de décider en connaissance de cause de l’opportunité d’un événement culturel structurant.
13. Calendrier de mise en œuvre (proposition)
Le calendrier ci-dessous propose une mise en œuvre réaliste, modulable selon les décisions et financements.
- Février – avril 2026 : validation partenariale, repérages, cadrage technique, constitution comité.
- Mai – juin 2026 : finalisation contenus (archives + sélection 40 ans), cartels, rephotographies « avant/après ».
- Été 2026 : production (impressions, supports), communication, planification scolaire.
- Septembre 2026–septembre 2027 : déploiement (exposition + projections + médiation).
- Fin 2026 / 2027 : bilan + consolidation vers un festival photo récurrent.
14. Annexes (à compléter)
Ce document est une base complète de présentation. Les annexes permettent de passer en version « dossier financeurs ».
- A1. Sélection d’images (liste + vignettes)
- A2. Inventaire des archives anciennes et conditions de présentation
- A3. Fiches techniques (expo extérieure, projection géante)
- A4. Devis / estimations (impressions, supports, technique)
- A5. Budget prévisionnel & plan de financement
- A6. Revue de presse / références / partenaires (si disponibles)
- A7. Contacts et coordonnées


















































